Théâtre et musique (sans paroles)

Une production de TRAFFO_CARRÉROTONDES
D’après une idée originale de LUISA BEVILACQUA

C’est décidé, aujourd’hui c’est le jour du grand envol… Mais, qui est ce drôle d’oiseau ? Et que cache-t-il dans ses valises? Curieux, deux personnages s’approchent et se rapprochent.
A petits pas… à pas hésitants… VOLO raconte une rencontre inattendue, une histoire où les différences se transforment en complicité.
VOLO (italien : « un vol » ou « je vole ») parle de nos rêves et de nos envies comme destinations idéales vers lesquelles s’envoler. VOLO ouvre aussi la porte à l’inconnu et à l’imprévu, aux possibles déviations de parcours.

DE
Es ist soweit: Heute beginnt die grosse Reise… Aber wer ist denn dieser schräge Vogel? Und was versteckt er da nur in seiner Tasche? Zwei neugierige Figuren treffen aufeinander und kommen sich nahe, zuerst vorsichtig… sehr vorsichtig.
VOLO erzählt die Geschichte von einer unerwarteten Begegnung in der aus Unterschieden eine Partnerschaft wächst.
VOLO (auf Italienisch: “ein Flug” oder “ich fliege”) erzählt von unseren Träumen als ideale Zielorte, und legt den Schwerpunkt auf das Unvorsehbare und die möglichen Abweichungen in unserem Leben.

 

 

Idée & co-conception : Luisa Bevilacqua
Co-conception, mise en scène et aide à la conception des marionnettes : Dan Tanson
Interprètes : Luisa Bevilacqua, Maxime Bender
Musique : Maxime Bender
Costumes : Natercia Rebelo
Scénographie et marionnettes : Carmen Van Nyvelseel
Création lumière : Nico Tremblay
Production et diffusion : TRAFFO_CarréRotondes
Photos : Sven Becker


Qui ou qu’est-ce qu’un VOLO ?
Volo en italien signifie « un vol » (un volo) ou « je vole » (io volo).
Le spectacle parle des rêves et des envies qui habitent chacun de nous et qui sont à considérer comme des destinations idéales vers lesquelles s’envoler, tout en restant ouverts à de possibles déviations de parcours. Et qu’est-ce la vie, sinon un vol léger, turbulent et surprenant à la fois?

VOLO semble traiter de problèmes de communication et de méfiance. Pourquoi avoir choisi ce sujet plutôt qu’un autre (surtout pour des enfants aussi jeunes) ?
La thématique de la communication a été un choix personnel conscient. Je suis en effet partie de ma propre expérience. Souvent, je me suis retrouvée à travailler et à développer des projets toute seule, tandis que mon désir était plutôt celui de collaborer en équipe, car pour moi, l’échange est essentiel. Certes, plus il y a de têtes, plus cela se complique, avec, parfois, des tensions inévitables. Mais les différents points de vue et savoir-faire donnent une richesse de nuances et une texture réellement palpables dans la recherche artistique. Ceci ne veut pas dire que toutes les différences sont positives et productives, mais je pense que dans l’art comme dans la vie, il faut garder intactes curiosité et ouverture d’esprit.
Or, qu’est-ce qui est plus naturel chez l’enfant, sinon la curiosité? Avec VOLO, j’avais envie de mettre en scène l’idée que cette curiosité, qui comporte aussi le fait d’aller à l’encontre de l’autre, reste une démarche saine et vitale, et ce à n’importe quel âge et dans n’importe quel contexte.

Le bagage porté par les deux personnages -qui devient de plus en plus lourd – a-t-il une signification autre que celle liée au voyage ?
Oui, tout à fait. La valise peut naturellement être vue comme le contenant de tous nos objets fétiches auxquels nous ne pouvons renoncer lors de nos déplacements. Mais, elle symbolise aussi le bagage d’expériences, de souvenirs, de sensations, de valeurs, de rêves que nous emmagasinons tout au long de notre vie. Et finalement, cette valise nous représente nous-mêmes, avec nos faiblesses et nos petits secrets cachés. Ce n’est qu’une fois « ouverts » que nous devenons plus légers et pouvons aller plus loin, avec un poids en moins, à l’image d’une montgolfière… et nous revoilà en train de voler !

La gestuelle de votre personnage se résume à une poignée de mouvements répétés (marche, collage des points d’orientation sur le sol, port du bagage…). Était-ce difficile de dessiner un personnage entier avec si peu de moyens ?
Non, au contraire. La limitation des mouvements et des gestes de mon personnage est justement d’ordre pratique et souligne avant tout la petitesse du monde dans lequel je me déplace seule, au début. Tout est très carré, précis et serré, comme s’il y avait un manque d’espace qui me contraignait à tout calculer d’avance. Cet espace va s’ouvrir avec la rencontre de l’autre. Celui-ci viendra, de façon complètement inattendue, enrichir mon univers avec le sien. Les teintes de jazz que cet « autre » apporte, expriment parfaitement, je pense, cette idée de liberté et de jeu, si essentiels à notre développement.

Sur papier, vous et Maxime Bender représentez des mondes très différents. Qu’est-ce qui vous a attiré l’un à l’autre ?
Dans la vie réelle, je suis la première à mettre en pratique mon credo ici exprimé (rires).
Plus sérieusement, lors de ce projet, j’ai saisi l’occasion pour aller au-delà de mes a priori, car de tous les instruments, c’est le saxophone qui m’attirait le moins. Du coup, j’en ai profité pour me mettre en condition de devoir me confronter à ces sonorités que je considérais comme insupportables. C’est pour cela que j’ai voulu me mettre en jeu avec Maxime, qui, par sa fraîcheur et sa curiosité, m’apparut comme le partenaire idéal pour cette aventure. Je n’ai pas eu tort.